Observez la trajectoire d’une boule de pétanque. Sa vitesse diminue à mesure que celle-ci se rapproche de la cible installée par les joueurs et la boule termine sa course lentement, très lentement, pour finalement s’immobiliser prés du but.
Dans l’existence par contre c’est tout le contraire. Selon l’âge le temps semble ne pas se mesurer à la même aune. A la rentrée de septembre l’écolier certes est heureux de retrouver ses copains, mais il rêve déjà des prochaines vacances d’été, en juillet, dans neuf mois…..une éternité. Dieu que c’est long…… mais ‘’Quand il sera grand enfin il pourra’’ ….et les jours, les semaines, les mois, les années passent.
Il est devenu grand. Le voilà pris dans le tourbillon de la vie active, la bousculade d’une existence exigeante, faite d’époques très différentes plus ou moins difficiles heureuses ou malheureuses. Très souvent les journées lui paraissent trop courtes. Il n’a pas le temps et dans ce théâtre d’ombres et de lumières les jours, les semaines, les mois, les années passent.
Ses tempes ont grisonné. Il a pris sa retraite. Il n’a plus les
soucis du devenir, plus de contraintes ; il peut enfin profiter du.
temps qui passe….et il passe très vite, trop vite.
L’été s’achève à peine que déjà Noël est là.
On le voit plus souvent dans salles d’attente des médecins que dans celles où l’on donne des spectacles, plus chez le pharmacien que chez l’épicier. Il éprouve le besoin de conter à ses petits enfants l’histoire de la famille et si propos commence
presque toujours par ces mots ‘’de mon temps’’ c’est moins pour donner conseil que pour revivre une époque lointaine, car le vieil homme sait qu’il est venu le temps d’aller à la rencontre du passé
Nous y verrons mon arrière-grand-père quittant son Alsace en 1873 pour l’Algérie une terre inconnue où il fonda, avec 21 familles alsaciennes, un nouveau Strasbourg. Vous y découvrirez combien la vie était rude pour ces pionniers soumis à une autorité militaire exigeante.
Nous poursuivrons notre voyage en regardant s’épanouir Djidjelli la rebelle qui ne fut occupée que 9 ans après le débarquement des troupes françaises en Algérie.
Je vous conduirai sur les bords du fleuve Congo, dans la moiteur de l’Afrique équatoriale, peuplée d’indigènes aux coutumes extraordinaires, de blancs au comportement extravagant. Avec Mamie, votre grand-mère, nous reviendrons à Alger où je vous dirai ce que fut pour Radio Alger la nuit du 13 mai 1958. Nous étions 3 Lucien NEUWIRTH, Roland GODIVEAU rédacteur en chef et moi. Dieu ayant rappelé Godiveau nous ne sommes plus que deux et le temps semble t il est venu de révéler ce qui c’est vraiment passé cette nuit là puis les jours suivants.
Enfin je vous livrerai les derniers propos du Président Ferhat Abbas qui nous reçut quelques jours avant notre départ d’Alger 112 ans après l’arrivée de mon arrière-grand-père sur cette terre à laquelle nous restons attaché.